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WIF North America 2024:Marrakech, lumière d'exil, Rajae Benchemsi
Marrakech, lumière d’exil, nous met dans l’enceinte d’une des villes marocaines les plus prestigieuses de par son histoire, sa culture, ses traditions mais aussi l’hybridation qui se dégage de tous les coins de l’espace. Rajae Benchemsi entame son roman par une image des mains tendues au ciel au cœur de la place Jemaa-el-Fna qui signifie littéralement mosquée de l’anéantissement : « Des MAINS. Des MAINS BLANCHES. Des mains brunes. Des mains paumes ouvertes vers le ciel. Comme pour lui éviter de s’effondrer. Peut-être simplement pour l’accueillir. L’empêcher de se mêler au sol mouvant de l’antique place Jemaa-el-Fna » (Benchemsi 2003, 9). Cet espace échappe au vide du désert voisinant car il s’emplit de personnes, de rites et de culture qui passent de génération en génération. Jemaa-el-Fna manifeste aussi la collectivité et la communauté féminine symbolisées par ces mains tendues pour se faire tatouer et pour recevoir une culture, un savoir, une expérience. Cet acte semble être pour ces femmes « une concession à ce monde et leur donnait la délicieuse impression d’être initiées » (12). A travers cet acte, ces femmes visent à partager et à glorifier leur féminité au-delà des frontières. Jemaa-el-Fna est l’espace où le local se mêle à l’étranger, le ciel à la terre et le passé au présent. La profusion et la diversité de la place dominent les visiteurs. Personne ne se sent exclu à Jemaa-el-Fna car il y a de tout pour tous et l’atmosphère envoûtante épouse parfaitement les goûts de cette masse ondulante. A partir de cette place, les personnages de Benchemsi renouent avec leurs aïeules gardiennes de la tradition et de la langue que ce soit à travers le tatouage au henné, une pratique qui fait partie de la tradition féminine et ancestrale, ou en se mêlant à cette foule diverse, car la simple présence de la narratrice et du personnage de Bahia, la tatoueuse, dans cette place, seuil de différentes coutumes féminines (contes, danse, henné…) reflète la relation qui les lie à leurs aïeules ; et c’est là que commence la quête de soi chez Benchemsi comme chez la narratrice, une quête qui émane d’un grand amour d’échapper à un sentiment de perte face à son histoire et sa culture. Et Marrakech devient une mise en abyme de la tradition, voire de toute l’histoire marocaine vu « l’étrange et mystérieux raffinement de sa culture arabe, andalouse et berbère. Culture de la précision et du détail… culture sans mièvrerie ni emphase, de l’ascétisme des graphismes du Sud à la générosité sans faille inspirée du soufisme » (Benchemsi 2003, 13). En tant que mise en abyme, Marrakech préserve la singularité de la tradition et de l’histoire marocaine. Cette tradition avec ses différentes épaisseurs fait de cette ville « l’un des plus complexes et des plus agréables palimpsestes » (13), un palimpseste qui nous renseignent sur le développement et la diversité qui caractérise cet espace. Rajae Benchemsi, Biographie Née à Meknès, vit et travaille à Marrakech. Ancienne enseignante d’histoire des idées à l’ENS littéraire de Meknès, ancienne animatrice d’émissions sur la chaîne 2M, Rajae Benchemsi est poétesse, romancière, écrivain et critique d’art. Elle est très impliquée dans l’histoire de la tradition et notamment dans sa dimension soufie. Elle a à son actif de nombreuses publications de recueils de poésie, de romans, un essai sur l’art et deux monographies sur Farid Belkahia dont une aux éditions Skira Paris et une aux éditions Venise Cadre. Elle fonde en 2015 la Fondation Farid Belkahia dont elle est la Présidente et en 2016 le Musée Mathaf Farid Belkahia. Elle est membre de l’AICA-France (Association internationale des critiques d’art). Chronologie
*Written and nominated by Latifa Zoulagh, PhD Please see Dr. Zoulagh's excellent article "Marrakech lumière d’exil : Benchemsi et l’écri-xhumation du corps féminin" here on our WIF Blog! WIF UK and WIF North America 2023-2024:La Vérité sort de la bouche du cheval, Meryem Alaoui
The book is full of surprises. We encounter the betrayal of a lazy husband; the resourcefulness and humor of the protagonist who makes a life for herself and her daughter; the solidarity of ordinary Moroccan neighborhood people; the opportunity to be part of a film production. We get short glimpses of stays in hospitals, health care, etc. It is unusual to find a prostitute as the protagonist of a novel, especially since such s life is fraught with danger and risk but the hilarity of the heroine’s lifestyle and viewpoint make a potentially difficult and ugly life palatable and somehow endearing. American readers will have lots of cultural comparisons to make. We learn about the condition of women who experience economic difficulties, the place of religion and the reverence and influence of religious leaders. It is all told with a raw honesty and lives of the struggling working class in Morocco. Withal, the author does not overtly promote or condemn any specific cause but revels in the telling of an unusual tale. If anything, our uniqueness as individuals within cultures is contested by many common desires and tendencies as human beings. Meryem Alaoui was nominated for the prestigious Goncourt prize in September 2018. She is the daughter of poet and former Moroccan MP Driss Alaoui M’Dghari and wife, former journalist, Ahmed Reda Benchemsi, Director of Human Rights Watch for the Arab World.* *Nominated by Maria Traub |
WIF North America 2022:Bermudes, Claire LegendreClaire Legendre débute sa carrière d’écrivaine à l’âge de 18 ans avec la publication de Making of (1998), un polar parrainé par le dramaturge espagnol Fernando Arrabal. Son * Written and nominated by Michèle Schaale |
WIF UK Ireland 2021:Kuessipan, Naomi Fontaine
This is a very timely novel to choose in light of recent and ongoing debates around settler-Indigenous relation in Quebec (for example, the Wet’suwet’en protests in early 2020). Fontaine is interested in the interrelatedness between language, body, and land in Indigenous women’s experiences in Quebec. Her writing is representative of a highly marginalized voice and a genre that is largely absent from Francophone literary studies. Her work raises questions about the double discrimination faced by Indigenous women in Quebec – firstly as Indigenous, secondly as women. Choosing this book would mark an important step in the long overdue recognition of Francophone Indigenous Women Writers and would no doubt raise important questions relating to reconciliation and social justice. Naomi Fontaine is a French language writer from Quebec. Noted as one of the most prominent First Nations writers in contemporary francophone Canadian literature. She is the author of two novels: Kuessipan (2011) and Manikanetish (2017). Her novel Kuessipan has been adapted by Myriam Verreault into the 2019 feature film of the same title.* *Written and nominated by Siobhan McIlvanney |
WIF North America 2020:L'Écorchée Vive, Claire Legendre
*Written and nominated by Michèle Schaal |
WIF North America 2018 and WIF UK 2017:
Please find a bibliography of Mireille Best's work created by Stephanie Schechner here.
We are also very excited to announce the publication of Dr. Schechner's translation of this novel by the University of Chicago Press. It also has the distinction of being the first book published in Seagull Books new Pride List.

Yanick
Lahens est née à Port-au-Prince en 1953. Elle fait ses études
secondaires et supérieures en France, avant de retourner en Haïti pour
enseigner la littérature à l’université d’État jusqu’en 1995.
Longtemps professeur, mais aussi journaliste – elle a collaboré à différentes revues et a
animé l’émission « Entre nous » sur Radio Haïti Inter –, elle consacre
aujourd’hui une grande partie de son temps au développement social et
culturel de son pays.
Après
avoir coordonné un temps les activités d’une plateforme de la société
civile – son action a été saluée en 2007 par le Collectif féminin
haïtien –, elle est désormais cofondatrice de l’Association des
écrivains haïtiens, qui lutte contre l’illettrisme. Elle a également
créé, en 2008, « Action pour le changement » (APC), destiné à former les
jeunes générations aux stratégies de développement durable, à les
sensibiliser à des questions d’intérêt national et à renforcer le lien
social, notamment à travers la réalisation de courts-métrages. Cette
fondation a aussi permis la construction de quatre bibliothèques
supplémentaires en Haïti.
Aujourd’hui
membre du Conseil international d'études francophones, elle a également
fait partie du cabinet du ministre de la Culture, Raoul Peck, entre
1996 et 1997. En 1998, elle a dirigé le projet « la Route de
l’esclavage », qui s’intéressait à la problématique de l’esclavage, en
Haïti, à travers les sciences et les arts.
En 2014, elle s’est vu décerner le titre d’officier des Arts et des Lettres par l’ambassadeur de France en Haïti.
Grande
figure de la littérature haïtienne – elle a reçu en 2011 le prix
d’Excellence de l’Association d’études haïtiennes pour l’ensemble de son
œuvre –, elle brosse sans complaisance le tableau de la réalité
caribéenne dans chacun de ses livres. Elle est l’auteur d’essais – entre
autres, L’Exil : entre l’ancrage et la fuite, l’écrivain haïtien (Deschamps, 1990) –, et de nouvelles, notamment Tante Résia et les Dieux (L’Harmattan, 1994). En 2000, paraît aux éditions du Serpent à plumes son premier roman, Dans la maison du père.
Chez Sabine Wespieser éditeur, elle publie en 2008 La Couleur de l’aube,
qui est distingué par plusieurs prix (prix du livre RFO 2009, prix
littéraire Richelieu de la Francophonie 2009, prix Millepages 2008), et
en 2010 son récit Failles, inspiré du séisme qui a frappé Haïti la même année. Puis, en 2013, Guillaume et Nathalie rencontre une très bonne réception critique : il obtient le prix Carbet des lycéens 2014 et le prix Caraïbes de l'ADELF 2013.
En septembre 2014, elle publie Bain de lune (toujours chez Sabine Wespieser éditeur), son grand roman de la terre haïtienne, fruit de plusieurs années de travail, qui obtient le prix Femina.